La République d'Annobón porte plainte devant les tribunaux argentins pour crimes contre l'humanité.

« L'île d'Annobón et son peuple Ambô ont été soumis à des persécutions systématiques, à des privations arbitraires de liberté et à des tortures, dans le cadre d'une attaque généralisée et organisée par le régime de Guinée équatoriale », indique la plainte.

Crimes signalés

La plainte détaille une série de violations des droits de l’homme qui constituent des crimes contre l’humanité :

- Persécutions ethniques et politiques Depuis 1968, date à laquelle Annobón a été annexée à la Guinée équatoriale sans consultation de sa population. Cette situation a entraîné l'abandon délibéré des services de base, la militarisation permanente de l'île et son utilisation comme décharge de déchets radioactifs.

- Privation arbitraire Pour la libération de 37 citoyens annobonais en juillet 2024, après qu'ils aient signé un manifeste pacifique contre les explosions provoquées par la société SOMAGEC sur l'île. Ces arrestations ont été signalées à l'ONU, qui les a déclarées manifestement arbitraires dans quatre des cinq catégories prévues par le Groupe de travail sur les détentions arbitraires.

- Torture systématique, à la fois physique et psychologique, contre les détenus annobonais dans les commissariats de police et à la prison de Black Beach, y compris des coups, des techniques de contrainte et des menaces avec des armes.

Contexte juridique

Le mémoire cite la jurisprudence argentine sur l’application de la compétence universelle, comme les affaires Priebke, Arancibia Clavel et Simón, ainsi que des précédents plus récents dans lesquels la Cour fédérale a assumé sa compétence sur des crimes commis en Espagne, au Myanmar et au Venezuela.

Elle rappelle également que le Statut de Rome et la loi 26.200 d’application du Statut intègrent la persécution, la privation arbitraire de liberté et la torture dans le droit interne argentin en tant que crimes contre l’humanité.

Demande à la justice argentine

Domaine viticole de Carthagène, né à Annobón et membre de l'ethnie Ambô, a déposé une plainte et a demandé à la justice argentine d'enquêter et d'identifier les responsables, notamment :

– Le président de la Guinée équatoriale au moment des faits.

– Les autorités de la gendarmerie et de la prison de Black Beach.

– Le juge et les procureurs qui sont intervenus dans la procédure irrégulière contre les 37 Annobonais.

-.Les dirigeants de la société SOMAGEC Guinée Equatoriale, liés à l'exploitation illégale des ressources de l'île.

Enfin, une coopération internationale a été demandée pour obtenir des informations de la Guinée équatoriale, du Maroc et du Paraguay – pays liés à l’entreprise SOMAGEC – ainsi que des copies certifiées conformes du rapport de l’ONU appuyant la plainte.

« Le peuple annobonais a été victime d'une attaque prolongée qui met en danger sa survie. Face à l'inaction de la Guinée équatoriale et à l'absence d'enquête internationale, il appartient à la justice argentine d'assumer son devoir d'enquêter et de punir les crimes contre l'humanité dénoncés », conclut le communiqué.

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