Les victimes des actes de torture récemment signalés à Annobón continuent de souffrir de l'aggravation de leurs blessures, faute d'accès à des soins médicaux adéquats et aux médicaments nécessaires à leur traitement. Leurs plaies, parfois ouvertes et infectées, s'aggravent de jour en jour sur cette île où les ressources sanitaires sont extrêmement limitées et où de nombreux médicaments de base sont tout simplement introuvables.
Les images reçues par Ambô Legadu Les images montrent de graves blessures chez plusieurs victimes, certaines avec des signes évidents d'infection et une détérioration progressive. Sans traitement approprié, ces blessures peuvent entraîner de graves complications, des douleurs chroniques, un handicap permanent, voire mettre la vie en danger.
Une île sans médecine
La situation est particulièrement alarmante car Annobón ne dispose pas d'infrastructures de santé capables de faire face à ce type d'urgence. D'après les témoignages recueillis sur l'île, de nombreux médicaments essentiels sont indisponibles et les patients dépendent souvent d'envois sporadiques en provenance de Malabo ou de l'aide de leurs proches.
Pour ceux qui ont subi des actes de torture et de graves blessures physiques aux mains du régime de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, cette réalité signifie que leurs blessures restent privées d'antibiotiques, d'analgésiques, de matériel de soins des plaies et de traitements spécialisés qui seraient normalement nécessaires pour prévenir les infections et favoriser la guérison.
victimes abandonnées
Les familles et les voisins rapportent que les blessés sont laissés à leur propre sort. Ils n'ont reçu aucune assistance médicale suffisante et aucune mesure n'a été prise pour assurer leur rétablissement. Tandis que les victimes endurent douleurs, infections et séquelles physiques, les personnes présumées responsables des sévices continuent d'exercer leurs fonctions ou de circuler librement sur l'île.
L’absence de soins médicaux non seulement prolonge les souffrances des victimes, mais aggrave également les conséquences des sévices, transformant une agression initiale en un processus continu de détérioration physique et psychologique.
Les victimes de ces tortures restent abandonnées, leurs blessures s'aggravant et sans accès aux soins les plus élémentaires. Dans bien des cas, les médicaments nécessaires pour combattre les infections ou soulager la douleur sont introuvables sur l'île. Cette réalité transforme la convalescence en une lutte quotidienne pour la survie.
Une responsabilité qui ne disparaît pas
L’absence de médicaments et de soins de santé adéquats n’exonère pas les responsables de ces blessures de leur responsabilité. Au contraire, cette situation met en lumière la vulnérabilité d’une population isolée, dépourvue des moyens de se protéger et de se remettre des sévices subis.
Les victimes ont besoin de soins médicaux urgents, de médicaments, d'un suivi clinique et d'une protection contre toute nouvelle représailles. Elles demandent également une enquête indépendante sur les événements et que les responsables soient tenus de rendre des comptes.
Alors que les blessures s'infectent et que les souffrances persistent, les habitants d'Annobón assistent impuissants à la perpétuation de l'impunité. Les hommes et les femmes qui dénoncent les coups, les humiliations et les tortures continuent d'en subir les conséquences physiques et psychologiques, tandis que les auteurs de ces exactions demeurent libres.

Appel urgent à la communauté internationale
Compte tenu de la gravité de la situation, le peuple d'Annobonese lance un appel urgent à la communauté internationale, aux organisations de défense des droits humains, aux institutions religieuses, aux agences de santé et aux Organisation des Nations Unies afin qu'ils prêtent attention à ce qui se passe sur l'île d'Annobón.
Les victimes ont besoin d'une assistance médicale immédiate, de médicaments, de matériel médical et de garanties de protection contre de nouvelles représailles. La situation actuelle constitue non seulement une urgence sanitaire, mais aussi une violation des droits humains qui exige une réponse internationale.
La communauté internationale est exhortée à soutenir l'acheminement de l'aide humanitaire, à faciliter l'accès aux soins médicaux pour les victimes et à promouvoir des mécanismes de surveillance indépendants pour vérifier la situation des personnes touchées et documenter les exactions signalées.
De même, un appel est lancé aux gouvernements démocratiques, aux organisations régionales africaines, aux églises, à la diaspora africaine et à la société civile internationale pour exiger le respect des droits fondamentaux de la population d'Annobonese et pour soutenir les efforts visant à garantir la vérité, la justice et la réparation pour les victimes.
Annobón ne peut plus être ignoré
Annobón ne réclame pas de privilèges. Elle demande les choses les plus élémentaires : que ses blessés puissent être soignés, que ses citoyens puissent vivre sans crainte et que les auteurs d’actes de torture soient traduits en justice.
Les blessures visibles sur les corps des victimes témoignent aussi des souffrances de tout un peuple qui continue de subir l'isolement, l'abandon et la répression. Chaque jour qui passe sans soins médicaux accroît les risques pour la vie et la santé de celles et ceux qui ont déjà enduré des souffrances indicibles.
Le silence international ne fait que prolonger les souffrances des victimes. La communauté internationale a encore le temps d'agir.
Les victimes d'Annobón ont besoin de médicaments, de soins médicaux et de protection. Elles réclament justice. Et elles en ont besoin maintenant.




