Le Premier ministre de la République d'Annobon en exil, Orlando Carthagène Lagar, a-t-il dénoncé dans une interview accordée au journaliste Albert Castillón de graves violations des droits de l'homme ont été constatées sur l'île, et un appel a été lancé pour l'intervention de l'Espagne et de la communauté internationale.
Lors de l'émission Castillón Confidencial, le dirigeant d'Annobonese a affirmé que la population de l'île, qui compte environ 3 000 habitants, vit dans des conditions de négligence extrême et est persécutée par le régime. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, dictateur de Guinée équatoriale.
« Ils sont littéralement en train de nous affamer à mort. »
Cartagena a fait valoir que l'île souffre d'isolement structurel et d'un manque de services de base : « Il n'y a pas de savon, pas d'école, pas d'assainissement (…) Ils nous tuent littéralement par la faim, la misère et le manque d'infrastructures de base. »
D’après lui, le navire en provenance de Guinée équatoriale n’arrive qu’« une fois par an ou tous les deux ans », ce qui empêche un approvisionnement régulier. Il a également dénoncé une « persécution politique et militaire » à l’encontre de la population locale.
Des signalements de mauvais traitements et de déplacements forcés ont été recensés.
Le Premier ministre en exil a également formulé de graves accusations contre les forces liées au régime guinéen : « Nous sommes victimes d’une persécution politique et militaire de la part de l’État guinéen. »
Il a ajouté : « La population est forcée de se déplacer car il est impossible d’avoir une fillette de 12 ans à Annobón sans qu’elle soit victime d’abus sexuels de la part des militaires du régime. »
Carthagène a déclaré qu'une politique de militarisation de l'île et un déplacement forcé sont à l'origine de l'émigration massive de ses habitants.
Une action en justice pour un million d'euros
Le dirigeant a confirmé qu'il fait l'objet d'une plainte pour diffamation présumée déposée par le dictateur. Obiang, qui lui réclame un million d'euros suite à des déclarations dans lesquelles il l'a associé à des pratiques extrémistes.
Il a toutefois minimisé le caractère personnel du litige : « Cette action en justice n'est pas dirigée contre moi, elle est dirigée contre la voix du peuple d'Annobón. »
Il a ajouté : « Il ne me demande pas un million d'euros, il condamne les habitants d'Annobón à la misère et au silence. »
La plainte contre l'Espagne
Carthagène a remis en question le rôle historique de l'Espagne sur l'île – qui était un territoire espagnol jusqu'en 1968, comme le reste de la Guinée équatoriale – et a dénoncé l'absence de réponse institutionnelle.
«Nous sommes allés à Congrès des députés, nous sommes allés à ministère des Affaires extérieures (…) Nous laissons des documents et ils nous disent « document reçu ». Nous faisons cela depuis quatre ou cinq ans.
Dans la dernière partie de l'interview, il a lancé un appel explicite : « Nous avons besoin de l'aide de l'Espagne et d'une aide internationale urgente car il s'agit d'une situation humanitaire, d'une question de survie. Nous luttons pour ne pas disparaître. »




