El Mouvement pour l'autodétermination de l'île de Bioko (MAIB) a publié lundi une déclaration dans laquelle questionne durement le Parti du progrès de Guinée équatoriale (PPGE) pour ses récentes attaques contre la figure de Don Orlando Carthagène Lagar, Premier ministre de la République d'Annobón en exil. Pour le MAIB, la déclaration du PPGE s'aligne dangereusement sur le discours néocolonial du régime de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.
« Nous avons été surpris par la déclaration officielle du Parti du progrès concernant les déclarations de M. Orlando Carthagène Lagar, puisque le PPGE n'est pas le parti au pouvoir, mais sa déclaration ne s'écarte pas de la ligne politique du régime au pouvoir en Guinée équatoriale", indique le texte.
Il est rappelé du MAIB que La Guinée équatoriale vit sous une dictature militaire Depuis plus de cinquante ans, ce qui empêche l'existence réelle de la démocratie, des partis politiques et des garanties citoyennes. Dans ce contexte, le MAIB rejette toute tentative de « désavouer » Cartagena Lagar de son exil. « De quelle autorité ou de quels pouvoirs dispose Armengol Engonga pour désavouer les actions d'Orlando Cartagena ? Tous deux vivent en exil au Royaume d'Espagne, et non en Guinée équatoriale », précise le communiqué.
« La répression du peuple annobonais est normalisée par ceux qui recherchent le pouvoir. »
L’un des passages les plus percutants de la déclaration pointe directement vers la Traitement historique du peuple annobonais par l'État équato-guinéen: « La répression et l’extermination de peuples comme les Annobonais en Guinée équatoriale sont normalisées par ceux qui cherchent à prendre le pouvoir dans le pays. »
La plainte ne se limite pas au régime d’Obiang : elle met également en garde contre la passivité – ou la complicité – des secteurs de l’opposition qui reproduisent les mêmes schémas d’exclusion et de déni de droits.
Tous les pays ne souffrent pas de la même manière
Le texte aussi remet en question la prétendue souffrance partagée Parmi les différents peuples qui composent la Guinée équatoriale, le MAIB affirme qu'Annobón souffre d'une situation d'exclusion structurelle et d'abandon délibéré, qui n'affecte pas le reste du pays de la même manière.
« Il est faux de prétendre que les souffrances du peuple d'Annobon sont partagées par tous les Équato-Guinéens. Nombreux sont ceux qui s'en réjouissent et cela leur permet d'accumuler davantage de richesses et de pouvoir. Les actions des dirigeants suffisent amplement à démontrer la brutalité de la situation d'Annobon », affirme le communiqué.
Le deux poids deux mesures en matière d'intervention étrangère
Un autre point clé de la déclaration fait référence à la présence de mercenaires étrangers En Guinée équatoriale, il a été engagé par le régime pour protéger la famille Obiang. Face à cette réalité, le MAIB a ouvertement soutenu la recherche d'un soutien international à la cause annobonaise.
À cet égard, ils ont déclaré : « Actuellement, des mercenaires de différents pays protègent les Obiang en Guinée équatoriale, et non les Annobonais. C'est seulement grâce à cette présence mercenaire que tout citoyen peut invoquer le recours qu'il juge approprié pour rétablir l'ordre, qu'il s'agisse d'unir ou de séparer différents facteurs et intérêts. »
Par conséquent, affirment-ils, il n’est pas illégitime de recourir à des pays comme le République d'Argentine ou l' reine d'Espagne En quête de soutien. « Obiang lui-même a déjà invité les Russes, les Chinois, les Zimbabwéens, etc., à le défendre. Pourquoi les peuples opprimés ne feraient-ils pas de même ? »
Un avertissement à l'opposition en exil
Le MAIB conclut son message par un avertissement clair : ce type de déclaration, loin de renforcer l'opposition démocratique, finit par favorisant le régime répressif. « Des communications de cette nature facilitent la tâche de l'oppresseur et des mercenaires qui l'accompagnent, dont la présence est estimée considérable ces derniers mois. »
Par ces mots, la MAIB réaffirme son engagement envers la lutte pour la décolonisation d'Annobón, et appelle les mouvements d’opposition à faire preuve de respect, de cohérence et de véritable solidarité avec les populations les plus punies par la dictature.




