Début 2026, l'île d'Annobón est en proie à une montée des tensions, à la militarisation et à des allégations de violations systématiques des droits humains. Dans ce contexte, deux citoyens d'Annobón sont détenus illégalement depuis plusieurs semaines avant Noël, un incident qui a ravivé les inquiétudes quant à la situation politique et humanitaire sur l'île.
Arrestations arbitraires et absence de garanties.
Les citoyens Teodosio Ronda Castillo et Segismundo Segorbe Sabadell ont été arrêtés par les forces militaires après avoir pris des photos sur l'île avec un téléphone portable. Selon des sources locales, ils sont détenus sans mandat judiciaire, sans accès à un avocat et au secret.
Dès le moment de son arrestation, orchestrée par le commissaire Quisito MBA OlomoIls n'ont pas non plus reçu de visites de membres de leur famille, ce qui aggrave la situation et viole les garanties fondamentales reconnues par le droit international.
Militarisation de l'île
Ces arrestations arbitraires ont eu lieu alors qu'une importante présence militaire était déployée à Annobón. Les témoignages recueillis sur l'île indiquent le déploiement de centaines de soldats envoyés par le régime équatorial guinéen dans le cadre d'une stratégie de contrôle territorial, d'intimidation et de discipline sociale.
La militarisation a accentué le climat de peur au sein de la population civile et a encore détérioré les conditions de vie sur l'île, historiquement bafouées par les décisions du régime occupant.
Crainte pour la sécurité physique des détenus.
Le gouvernement du République d'Annobon a exprimé sa profonde préoccupation quant à l'état de santé de Château de Ronda y Segorbe SabadellCette crainte repose sur des cas documentés de mauvais traitements et de torture infligés à des personnes privées de liberté sous le régime de Teodoro Obiang Nguema MbasogoDes pratiques dénoncées à maintes reprises par les organisations internationales.
Les deux détenus ont passé les fêtes de fin d'année dans des conditions considérées comme inhumaines, loin de leurs familles et sous la garde d'une autorité militaire qui exerce un contrôle de facto sur l'île.
Des informations font état de violences contre la population civile
Depuis de nombreuses années, Annobón dénonce de graves actes de violence contre la population civile, notamment des abus et des agressions sexuelles contre les femmes et les filles, dans le contexte de l'opération militaire déployée sur le territoire. Ces accusations viennent étayer les avertissements concernant une répression systématique qui affecte directement la communauté d'Annobón et qui a été corroborée par les Nations Unies, lesquelles ont confirmé l'existence d'enlèvements, de tortures et de ségrégation ethnique.
Les dirigeants locaux décrivent la situation comme une menace existentielle pour le peuple d'Annobón, dont l'identité, la sécurité et la continuité sont compromises par les politiques de l'État de Guinée équatoriale.
Face à cette situation, la République d'Annobón appelle à une plus grande visibilité internationale, à un soutien diplomatique accru et à l'implication des gouvernements et des organisations multilatérales. Elle estime que le manque d'attention extérieure contribue à l'aggravation des violations des droits humains et à l'impunité des responsables.
La revendication centrale est claire : la libération immédiate de Teodosio Ronda Castillo et de Segismundo Segorbe Sabadell, la cessation de la répression sur l’île et la reconnaissance des droits fondamentaux du peuple d’Annobonese, conformément aux principes du droit international et à la protection des peuples africains en situation de vulnérabilité.




