Un groupe de neuf rapporteurs spéciaux et titulaires de mandat Organisation des Nations Unies L'ONU a adressé une lettre de plainte conjointe au gouvernement de Guinée équatoriale et à l'entreprise de construction. SOMAGECexprimant son inquiétude face aux violations des droits humains commises contre la population d'Annobón. La lettre fait suite à un rapport de la Organisation des Nations et des Peuples Non Représentés (UNPO) a présenté à plusieurs rapporteurs spéciaux de l'ONU en novembre 2024 un rapport qui soulignait la persistance des violations des droits environnementaux et les récentes arrestations arbitraires de défenseurs des droits de l'homme à Annobón.
L'île d'Annobón est une petite province insulaire, annexée à la Guinée équatoriale, dotée d'une culture créole afro-portugaise distinctive, façonnée par des siècles d'isolement et la fusion des influences africaines et portugaises. Sous le régime autoritaire de la Guinée équatoriale, dirigé par le dictateur Teodoro Obiang Nguema MbasogoLe peuple d'Annobonese endure depuis des décennies des épreuves marquées par l'extrême pauvreté, une militarisation massive, la rareté des ressources essentielles et un abandon systémique. Il dénonce un traitement injuste et persistant de la part du gouvernement central ainsi qu'une dégradation constante de ses conditions de vie, des difficultés qui se sont considérablement aggravées ces dernières années.
La communication de l’UNPO aux Procédures spéciales en 2024 a mis en lumière des violations persistantes, notamment la dégradation de l’environnement et le déversement de déchets ; les carences en infrastructures ; l’isolement et l’exclusion systémiques ; la discrimination et la violence ; ainsi que les arrestations arbitraires et la répression politique, y compris les restrictions à la liberté d’expression et de la presse, et les atteintes à la liberté de réunion et de circulation. Elle a révélé comment, en juillet 2024, face à l’aggravation de la destruction de l’environnement et à ses conséquences sur la santé et les moyens de subsistance, les habitants d’Annobonese et les défenseurs des droits humains ont publié un manifeste exigeant l’intervention du gouvernement. Au lieu de répondre aux préoccupations de la communauté, les autorités ont coupé les services de téléphonie mobile et d’internet sur l’île, isolant ainsi la population du reste du monde.
Peu après, les forces de sécurité ont arrêté 42 membres de la communauté, dont des leaders qui soutenaient le manifeste et participaient à des manifestations pacifiques. Trois mois plus tard, seules cinq des personnes arrêtées, toutes des femmes âgées, ont été libérées, accusées de rébellion et de violation des droits fondamentaux. En juin 2025, le Groupe de travail sur la détention arbitraire Les Nations Unies ont publié une déclaration officielle condamnant ces détentions et les qualifiant d'arbitraires, relevant des catégories I, II, III et V de leur système de classification. L'avis du groupe de travail a conduit à la libération des 37 derniers membres de la communauté, une décision saluée par l'UNPO. Toutefois, un an après ces détentions arbitraires, des témoins continuent de faire état d'une militarisation accrue, d'intimidations et d'exactions commises par les unités militaires déployées.
En réponse aux préoccupations soulevées par l'UNPO, neuf titulaires de mandat des Nations Unies – dont les rapporteurs spéciaux sur l'environnement, les droits de réunion et d'association pacifiques, le logement, les questions relatives aux minorités, les défenseurs des droits humains, les déchets dangereux et l'eau et l'assainissement – ainsi que deux groupes de travail, ont adressé des lettres consultatives conjointes au gouvernement de Guinée équatoriale et à SOMAGEC en août 2025. Ces deux lettres exprimaient les mêmes préoccupations : la dégradation de l'environnement, l'exploitation minière illégale, les détentions arbitraires et les conséquences néfastes sur la santé, les moyens de subsistance et les droits fondamentaux de la communauté annobonaise. Les titulaires de mandat ont insisté sur l'urgence d'établir les responsabilités, de consulter les communautés affectées et de mettre en œuvre des mesures réglementaires et de protection appropriées.
Les JAL ont souligné que la situation avait atteint un point critique en raison des activités de l'entreprise de construction SOMAGEC, dirigée par le milliardaire Roger Sahyoun, qui opère sur l'île depuis 2007. Alors que SOMAGEC présente les infrastructures militaires — mises au service de l'élite dirigeante — comme des contributions positives, des experts de l'ONU ont averti que l'utilisation d'explosifs, l'extraction incontrôlée de pierres et l'absence d'évaluations d'impact environnemental par l'entreprise ont suscité de sérieuses inquiétudes quant à la dégradation environnementale en cours.
Ces activités ont détruit des terres agricoles, provoqué des crues soudaines, mis en péril la survie du lac Mazafín et contaminé des sources d'eau essentielles à la communauté. De plus, les habitants soulignent que les projets d'eau potable de SOMAGEC ne respectent pas les normes de qualité minimales, les obligeant à parcourir de longues distances jusqu'aux rivières pour s'approvisionner en eau qui, bien qu'insalubre, est considérée comme moins dangereuse que celle qui leur est distribuée.
L'UNPO salue la mise en place des Conseils administratifs locaux (CAL) comme une étape nécessaire vers la responsabilisation et condamne fermement le déni de toute malversation par SOMAGEC dans sa lettre de réponse, ainsi que l'absence de réponse de l'État de Guinée équatoriale. Elle se félicite également de l'attention croissante que la communauté internationale porte à la dégradation de l'environnement et aux violations des droits humains à Annobón. Récemment, la députée argentine Lourdes Arrieta Il a promu un projet de déclaration qui condamne fermement l'escalade militaire sans précédent, les arrestations arbitraires et la dégradation de l'environnement à Annobón, devenant ainsi le premier État au monde à le faire publiquement.
L’UNPO continuera d’attirer l’attention de la communauté internationale sur ces préoccupations et de plaider en faveur de solutions concrètes aux difficultés rencontrées par la communauté d’Annobonese.




