Simona Levi, fondatrice de Xnet.
L'Institut pour la numérisation démocratique, Xnet, a dénoncé la situation de manque de communication que connaît l'île d'Annobón, en Guinée équatoriale, depuis juillet 2024. Via son compte officiel sur X (@X_net_), l'organisation a dénoncé que « Le régime d’Obiang a coupé Internet il y a des mois à Annobón, une île isolée de Guinée équatoriale, en représailles à des manifestations pacifiques », et a averti : « Cela fait partie d’un modèle mondial que nous devons combattre : la peur des tyrans envers Internet. »
La déclaration était accompagnée d'un lien vers l'article « Pourquoi la coupure d'Internet d'Annobón devrait être importante pour le monde », publié le 3 juillet 2025, dans le cadre de la campagne mondiale #KeepItOn, une initiative menée par Access Now pour mettre en évidence les coupures délibérées d'Internet comme outils de répression politique.
Près d'un an de silence forcé
Le 20 juillet 2024, le gouvernement de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo — le dictateur le plus ancien du continent africain — a ordonné la coupure totale des services téléphoniques et internet à Annobon. Cette mesure constituait une mesure de représailles directes contre les habitants d'Annobon qui manifestaient pacifiquement contre la destruction de l'environnement causée par les explosions de dynamite dans les carrières locales utilisées pour l'extraction délibérée de métaux précieux.
La manifestation, basée sur un document signé par les dirigeants de la communauté, Cela a conduit à une vague de persécutions : plus de trente personnes ont été détenues arbitrairement, torturées et détenues au secret dans des conditions inhumaines.Le gouvernement de Malabo n'a jamais porté d'accusations formelles et, bien que la plupart d'entre eux aient été libérés des mois plus tard grâce à une prétendue « clémence présidentielle », l'île reste silencieuse.
Un cas paradigmatique de répression numérique
La déclaration de Xnet s'inscrit dans le cadre d'une campagne internationale visant à dénoncer l'utilisation politique des coupures d'Internet. « Les coupures d'Internet empêchent les gens de travailler, d'accéder aux soins de santé et de communiquer avec leurs familles. » À Annobón, cette déconnexion forcée a aggravé la discrimination structurelle dont souffrait déjà la communauté d’Annobón, historiquement marginalisée par le régime équato-guinéen.", note l'article partagé par l'organisation espagnole.
Le texte, rédigé en anglais et en espagnol, avertit que ce qui s’est passé à Annobón doit générer une réponse internationale urgente.
Un appel à l'action
La campagne #KeepItOn exhorte les gouvernements, les organisations internationales et les défenseurs des droits humains à exiger le rétablissement immédiat des services de communication à Annobon. Elle promeut également une pétition mondiale pour faire pression sur le régime d'Annobon. Obiang pour mettre fin aux coupures numériques, qui non seulement violent les droits individuels mais constituent également une forme moderne de punition collective.
« La lutte pour les droits numériques est aussi une lutte pour les droits humains. Il n'y a pas de démocratie possible sans accès à l'information, sans liberté d'expression, sans réseaux ouverts », a souligné Xnet, dont le travail se concentre sur la lutte contre la censure, la désinformation et la corruption par le biais d'outils technopolitiques.
Alors que le monde continue de prêter attention à l’avenir de la Guinée équatoriale et aux tentatives de succession de Teodorín Nguema ObiangÀ Annobón, le silence imposé continue de faire des victimes. L'écho de cette île oubliée commence à résonner auprès de voix internationales, comme Xnet, qui alertent sur le fait que le contrôle d'Internet est l'une des formes de dictature les plus insidieuses aujourd'hui.




