Sous la menace d'une arme, Obiang transforme une fête religieuse en acte de propagande

Saint Antoine de Padoue, également connu à Annobón sous le nom de Saint Antoine de Palé, est une figure profondément vénérée par la communauté insulaire. Cependant, le régime tente de transformer cette fête religieuse en acte de propagande, exigeant des citoyens qu'ils portent des vêtements du PDGE et qu'ils feignent une affiliation qui n'existe pas.

« Ils nous ont dit qu'il fallait sortir, porter des t-shirts de match, applaudir, danser… tout ça pour les caméras », s'est plaint un jeune homme du quartier. Il a déploré : « C'est une humiliation. On ne fait pas la fête, on se fait manipuler. »

Les événements seront enregistrés et montés, comme d'habitude, pour être diffusés comme preuve d'une prétendue « unité nationale » et d'un « soutien populaire » au régime néocolonial de Guinée équatoriale. Derrière ces images artificielles se cache la véritable situation de l'île : extrême pauvreté, répression culturelle, négligence institutionnelle et isolement des communications.

Annobón reste isolée du monde, privée d'accès libre à Internet et de médias indépendants, dans le cadre de la stratégie systématique du régime visant à empêcher la population de s'informer, de communiquer et de dénoncer les événements. La répression va au-delà de la simple répression physique : elle est aussi informative et symbolique.

Alors que le PDGE célèbre son coming out, les habitants d'Annobón continuent de souffrir en silence. Il n'y a pas de véritable célébration lorsque la participation est forcée. Il n'y a pas de célébration lorsque la foi est réprimée pour imposer la propagande. Et il n'y a pas de paix tant que la voix d'un peuple est réduite au silence en échange d'une séance photo artificielle.

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